Installation classée à Canteleu (76380), régime autorisation. Dernière inspection publiée : 16 juillet 2026 — 4 points de contrôle avec suites administratives.
Le 16 juillet 2026, un incendie s'est déclaré lors du déchargement d'une péniche de blé sur le site exploité par la société ÉTABLISSEMENTS J. SOUFFLET ET COMPAGNIE (SOCOMAC), implanté sur le territoire de la commune de CANTELEU (76380). Le sinistre a impacté le convoyeur à bande TL6 et sa galerie, surplombant la route départementale RD51, et dans une moindre mesure, les élévateurs EL16 et EL17 . L'intervention du SDIS 76 a permis de circonscrire le sinistre, et d'éviter sa propagation vers les silos. L'inspection des installations classées s'est rendue sur site en cours de sinistre, pour assister aux opérations de secours, établir de premiers constats, et interroger l'exploitant sur les conditions d'exploitation, de maintenance et de nettoyage. A l’issue de ce sinistre, l'exploitant a transmis un certain nombre de documents à l’inspection des installations classées par courriers électroniques. Le présent rapport rend compte de cette visite et de ce sinistre, en l’état des connaissances acquises à la date de sa rédaction. Suite à ce sinistre, et comme détaillé dans le corps du présent rapport, l’inspection des installations classées propose à monsieur le préfet de Seine-Maritime : • un projet d’arrêté préfectoral mettant en demeure l'exploitant de respecter l’article 13 de l’arrêté ministériel du 29 mars 2004 relatif au nettoyage des installations ; • un projet d’arrêté préfectoral complémentaire imposant à l'exploitant de compléter son dispositif de prévention des incendies et de ses conséquences par la mise en œuvre d'une détection précoce adaptée. Les deux projets de prescriptions correspondants sont joints au présent rapport, pour avis de l'exploitant à transmettre à l'inspection des installations classées avant le 4 septembre 2026. Pour rappel, le même site avait été impacté par un incendie au mois de février 2025 (cf. rapports des visites d'inspection des 24 février et 30 septembre 2025, et arrêté préfectoral de mise en demeure du 11 avril 2025 - aujourd’hui le
5points de contrôle
4avec suites administratives
0susceptibles de suites
1sans suite
Rapport d'incident
Avec suites administratives
Référence contrôlée : article R.512-69 du code de l’environnement
Pour éléments de contexte, l’incendie du 16 juillet 2026, qui a essentiellement impacté le convoyeur à bande TL6 et sa galerie, et dans une moindre mesure les élévateurs EL16 et EL17 , est survenu lors de la réception d’une péniche de blé, amarrée au quai au droit de l’établissement. Selon le registre manuscrit de suivi de l’activité de réception, consulté au synoptique pendant le sinistre, l’opération avait été initiée le matin même, à 6h00. Environ 225 tonnes de blé avaient déjà été réceptionnées dans la cellule C47 (d’une capacité de 1 750 tonnes) du silo CANTELEU 2. Le circuit de réception comprenait, au départ de la péniche : la suceuse VIGAN ; le transporteur pneumatique TP2 ; l’élévateur EL16 (côté quai) ; le convoyeur à bande TL6 (traversant en surplomb le quai du Danemark - route départementale RD51) ; l’élévateur EL17 (côté silo) ; le transporteur à chaîne TC18 (au sommet des silos CANTELEU 1 et CANTELEU 2) ; le convoyeur à bande TB4 (en galerie sur-cellules du silo CANTELEU 2) ; la cellule C47 . Les opérateurs présents au synoptique ont déclaré qu’une réception de péniche d’orge fourragère avait eu lieu la veille (information figurant effectivement sur le registre précité), via les mêmes équipements de transilage (mais à destination de la case 7), prenant fin dans la nuit, à 22h05. Aucun désordre n’était apparu dans la nuit du 15 au 16 juillet 2026 (étant précisé que des opérateurs sont présents la nuit au synoptique), ni au démarrage de la réception de blé le 16 juillet 2026. 8/19Selon les éléments recueillis lors du sinistre, le responsable du site déclare avoir senti « une odeur de brûlé » à son arrivée sur le parking de l’établissement, vers « 7h15-7h30 » , et avoir aussitôt engagé des recherches et opérations de levée de doute, afin d’identifier et localiser l’origine du feu. Après avoir parcouru l’ensemble des installations, les opérateurs ont constaté la présence de dépôts noirs au pied de l’élévateur EL16, côté Seine. Le déchargement de la péniche a alors été arrêté par l’exploitant. L’ouverture du pied d’élévateur EL16 a révélé la présence de grains noirs, mais sans déport de sangle visible, l’ensemble étant bien centré, selon les déclarations de l’exploitant. Des opérateurs ont tenté d’accéder au convoyeur TL6 depuis l’échelle de l’élévateur EL16, mais ont été stoppés par la présence d’une épaisse fumée. Une démarche d’approche similaire a été tentée depuis l’élévateur EL17 côté silo, approche pareillement empêchée en raison de la fumé
Proposition de l'inspection : demande de justificatif à l'exploitant
Référence contrôlée : article 9 de l’arrêté ministériel du 29 mars 2004
Comme mentionné au point de contrôle précédent, l’appel au SDIS 76 a été lancé à 8h26, après avoir identifié la localisation du feu au niveau du convoyeur à bande TL6 ; feu dont l’odeur avait été perçue depuis le parking de l’établissement vers « 7h15-7h30 ». Commentaire n° 2 : la perception d’odeur depuis le parking vers « 7h15-7h30 » indique que le feu – couvant ou vif – a débuté auparavant, et a d’ores-et-déjà pris une certaine ampleur. Commentaire n° 3 : les délais de détection, d’une part, et d’identification de la localisation et de l’origine de l’incendie, d’autre part, sont cruciaux, en ce qu’ils conditionnent, entre autres, la capacité de l’exploitant à contenir et maîtriser le départ de feu par une intervention précoce, de ses propres moyens, sans avoir recours aux secours extérieurs. Le défaut de détection, et le retard concédé par la suite sur l’identification de la localisation et de l’origine de l’incendie, peuvent difficilement être rattrapés, en ce qu’ils permettent au feu de se développer, de se propager, et compromettent ainsi toute manœuvre autonome de l’exploitant. Commentaire n° 4 : l’inspection des installations classées considère que le délai écoulé entre la perception des odeurs (« 7h15-7h30 ») et l’appel au SDIS 76 ( « 8h26 »), puis l’arrivée des pompiers sur site, est trop important. Commentaire n° 5 : pour rappel, en février 2025, un incendie s’était déclenché au niveau du convoyeur à bande TB1 dans la galerie sur-cellules du silo CANTELEU 1, consécutivement à des opérations de transilage effectuées et terminées le samedi 22 février 2025 en fin d’après-midi ; le feu couvant s’était développé les heures suivantes, et n’avait été détecté par les opérateurs que le lundi 24 février 2025, à leur prise de poste, aux alentours de 5h30. Demande n° 2 : considérant ce qui précède, l'inspection des installations classées considère que le dispositif de détection incendie doit être complété pour détecter un début d'échauffement et ainsi permettre de réaliser une manœuvre précoce pour limiter la probabilité de développement d'un incendie plus important et nécessitant l'intervention des secours extérieurs. En conséquence, l'inspection des installations classées propose à monsieur le préfet un projet d'arrêté préfectoral complémentaire joint au présent rapport.
Proposition de l'inspection : prescriptions complémentaires
Thèmes : risques accidentels · moyens de détection incendie et transmission d'alerte
Éléments importants pour la sécurité (EIPS)
Avec suites administratives
Référence contrôlée : article 15 de l’arrêté ministériel du 29 mars 2004
Au cours du sinistre, l’inspection des installations classées a interrogé l’exploitant sur d’éventuels défauts ou alarmes survenus au niveau des équipements constituant le circuit de réception de blé. L’exploitant a déclaré qu’aucun défaut n’avait été relevé au niveau des déports de bande, contrôleurs de rotation et capteurs de bourrage. En outre, le circuit de réception a été arrêté à vide, sur action décidée et opérée par l’exploitant. A la demande de l’inspection des installations classées, l’exploitant a présenté les fiches de vie (imprimées) extraites de l’outil de gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) concernant l’élévateur EL16, le convoyeur à bande TL6 et l’élévateur EL17 . Ces fiches de vie recensent, ligne par ligne, toutes les interventions, qu’elles soient préventives ou curatives, effectuées sur ces équipements par les opérateurs et le service maintenance de l’établissement. Pour compréhension de lecture de ces documents, l’exploitant a précisé que les fiches de vie mentionnent deux dates (dans deux colonnes distinctes) : • une date libellée « date de début » , correspondant à la date à laquelle est effectuée l’intervention ; • et une date libellée « date de début prévue », correspondant à la date à laquelle l’intervention est enregistrée dans l’outil de GMAO. A la lecture de ces fiches de vie (en version informatique, transmises par l’exploitant par courrier électronique du 17 juillet 2026), l’inspection des installations classées relève, entre autres et par sondage, les indications / interventions suivantes (les dates indiquées ci-après sont les dates figurant dans la colonne « date de début », correspondant aux dates auxquelles ont été effectuées les interventions correspondantes) : • Élévateur EL16 : ◦ « EL16 godet tape sur paroi expertise changer 26 godet HS » - « 25/11/2025 08:30:00 » ; ◦ « suite predictive 2025, controler la tension des courroies EL16 (courroies detend » - « 17/12/2025 10:00:00 » ; ◦ « EL16 pied elevateur remplacement tambour » - « 05/12/2025 13:41:00 » ; ◦ « EL16 tube alimentation vers pied elevateur fuite pose rustine » - « 25/02/2026 17:00:00 » 12/19• Convoyeur à bande TL6 : ◦ « TRANSPORTEUR - MAINTENANCE PRÉVENTIVE ANNUELLE / 4000 H » - « 28/04/2026 00:00:00 » ; ◦ « vidange coupleur TL6 suite resultat analyse prelevement » - « 10/10/2025 14:00:00 » ; ◦ « TL6 luminaire HS » - « 10/10/2025 16:15 » ; ◦ « TL6 changer rouleau tapis » - « 10/10/2025 18:00 » ; ◦ « EIPS TL6 » - « 30/10/2025 15:00 » ; ◦ « pre
Proposition de l'inspection : demande d'action corrective
Référence contrôlée : article 13 de l’arrêté ministériel du 29 mars 2004
Lors du sinistre, l’inspection des installations classées a interrogé l’exploitant sur les opérations de nettoyage menées sur le circuit de transilage impacté, en particulier au niveau du convoyeur à bande TL6 et de sa galerie, eu égard aux procédures renforcées et au contrat établi avec une société spécialisée, consécutivement à l’incendie survenu en galerie sur-cellules du silo CANTELEU 1 au mois de février 2025 (cf. supra). En réponse à cette demande, l’exploitant a concédé que le circuit de déchargement des péniches, et en particulier le convoyeur à bande TL6 et sa galerie, n’était pas intégré dans le parcours de vérification de l’état de propreté, car situé hors silos, mais faisait l’objet d’interventions de nettoyage spécifiques. A ce sujet, un opérateur a présenté trois feuillets, mentionnant notamment : • en date du 19 mars 2026 : « TL6 → [prénom d’un premier opérateur] , (au début côté Canteleu) » ; • en date du 20 mars 2026 : « TL6 → [prénom d’un deuxième opérateur], (niveau à la moitié) » ; • en date du 26 mai 2026 : « TL6 → [prénom d’un troisième opérateur] (pas fini) ». Questionné sur la mention « pas fini » figurant sur le feuillet daté du 26 mai 2026, l’opérateur a affirmé que le convoyeur à bande TL6 avait bien fait l’objet d’un nettoyage complet, remontant donc au mois de mai 2026. L’opérateur a précisé que l’intervention se faisait par étapes, au rythme des réceptions de céréales, selon le trafic des péniches et les consignes provenant des opérateurs au synoptique (le nettoyage étant interrompu pour permettre le déchargement). Le nettoyage se fait depuis le silo et l’élévateur EL17 , en direction de l’élévateur EL16 et de la Seine. Par courrier électronique du 24 juillet 2026, l’exploitant a indiqué que la galerie du convoyeur à bande TL6 est pourvue d’un tuyau fixe sur toute sa longueur, sur lequel se trouvent des bouches d’aspiration. L’exploitant a également confirmé que le convoyeur à bande TL6 est sous aspiration centralisée et asservi au cyclofiltre du boisseau tampon BT côté Seine et au cyclofiltre des silos CANTELEU 1 et CANTELEU 2 côté falaise. 16/19Sur les clichés transmis par l’exploitant par courrier électronique du 20 juillet 2026, on distingue néanmoins des dépôts de poussière dans la galerie du convoyeur à bande TL6, notamment sur le capotage du convoyeur, sous le convoyeur et sur le moteur du convoyeur. En particulier, les clichés pris dans la galerie, depuis l’élévateur EL16, comme depuis l’élévateur EL17 , laissent entra
Proposition de l'inspection : mise en demeure, respect de prescription 18/19
Thèmes : risques accidentels · état de propreté des installations · fréquence et modalités de nettoyage
Vérification de la conformité des installations électriques & thermographie
Sans suite administrative
Référence contrôlée : article 9 de l’arrêté ministériel du 29 mars 2004
Sur demande de l’inspection des installations classées, l’exploitant a communiqué, par courrier électronique du 20 juillet 2026, les rapports de vérification de la conformité des installations électriques (Q18) et de contrôles thermographiques (Q19) pour les années 2024 et 2025, tout en précisant que les contrôles avaient été effectués en 2026, et en annonçant que les rapports correspondants seraient transmis dès réception. La consultation des rapports Q18 et Q19 pour les années 2024 et 2025 montre que des défauts ont été identifiés, et présentent un risque d’incendie ou d’explosion. Ces défauts concernent cependant des installations sans lien avec le sinistre du 16 juillet 2026. En outre, des mentions manuscrites figurent sur les rapports, confirmant que chaque défaut a bien été résorbé (la date de réalisation de l’intervention est précisée). Demande n° 5 : l’exploitant transmettra à l’inspection des installations classées, dès réception, les rapports de vérification Q18 et Q19 au titre de l’année 2026.
Aucune suite administrative proposée n'est pas un label : cela veut dire que le dernier rapport que nous avons lu ne propose pas de suites sur les points qu'il a contrôlés — et un contrôle n'est jamais exhaustif, l'inspection le dit elle-même.
Un rapport daté sur cette entité
Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.
Ce que contient le rapport
l'état du registre sur cette installation à la date de notre copie, avec le rapport cité
ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc
l'historique de nos captures pour cette installation
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Prix : 19 EUR / entité
Ce que le rapport n'est PAS
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