Installation classée à Saint-André (97440), régime autorisation. Dernière inspection publiée : 16 juin 2026 — 5 points de contrôle avec suites administratives.
SUEZ RV REUNION, classé Seveso seuil bas au titre de la réglementation sur les installations classées, reçoit toute sorte de déchets dangereux qui peuvent, en cas d'incendie important, générer divers produits de décomposition en grande quantité. C'est pourquoi la réglementation prévoit que les établissements Seveso seuil bas aient mis en place depuis le 1er janvier 2026 une stratégie permettant d'assurer, en cas d'incendie, les premiers prélèvements environnementaux. L'inspection a constaté que cette réglementation n'est pas mise en oeuvre, même si des études sont en cours, voire quasiment terminées. L'exploitant doit terminer au plus vite ses études (milieux prélevés, substances à rechercher, etc.) ainsi que la mise en place de sa réponse opérationnelle (moyens de prélèvement matériels adaptés notamment).
7points de contrôle
5avec suites administratives
0susceptibles de suites
2sans suite
Liste des substances recherchées et milieux associés
Avec suites administratives
Référence contrôlée : Arrêté Ministériel du 26/05/2014, article 5
Les dispositions réglementaires susvisées ne figurent pas dans le POI de l'exploitant. Ce dernier a toutefois présenté à l'inspection une version provisoire de la liste des produits de décomposition susceptibles d'être émis en cas d'incendie de grande ampleur. Cette liste a été établie par un bureau d'étude mais doit encore faire l'objet de relecture et validation. L'exploitant a confirmé avoir commandé auprès de ce même bureau d'étude toutes les prescriptions recherchées, incluant donc également le recensement et le choix des différents milieux à investiguer en cas de dispersion de substances suite à incendie. Ce document provisoire a été présenté en séance et les inspecteurs n'ont pu en faire une analyse fine. L'inspection a toutefois noté que si l'exploitant a, pour établir la liste des produits de décomposition, intégré les phénomènes dangereux issus des dernières modifications d'exploitation, certains incendies généralisés ne semblent pas repris. Par ailleurs le bureau d'études a, pour sélectionner les produits de décomposition, exclu les combustibles en faibles quantités : le guide SYVED, reconnu par le ministère, ne détaille pas cette approche qui devra donc être justifiée. L'inspection a également bien noté que, de par sa nature même, l'établissement pouvait avoir de fortes variations du volume de certains déchets, ce qui suppose que le plan d'échantillonnage pourra être adapté selon la situation. Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant termine et formalise toute la démarche de recensement des produits de décomposition susceptibles d'être émis en cas d'incendie important, de recherche des substances et de définition des milieux à investiguer. Il fait figurer cette démarche dans son POI et en transmet un exemplaire à l'inspection des installations classées.
Proposition de l'inspection : Mise en demeure, respect de prescription
Référence contrôlée : Arrêté Ministériel du 26/05/2014, article 5
Comme vu au constat précédent, la stratégie de prélèvements n'a pas encore été validée par l'exploitant. Pour autant, l'inspection a rapidement regardé en séance le projet proposé par le bureau d'étude et a noté les éléments suivants : le document inclut un tableau de récapitulatif de prélèvement par matrice et phase d’urgence et répond donc sur ce point à la prescription, sous réserve de justification ; • il est proposé d'utiliser deux détecteurs portatifs de gaz toxique pour les besoins d'identification en début de sinistre : il convient de vérifier l'adéquation de ce matériel avec la liste des gaz toxiques susceptibles d'être émis ; • bien intégrer la nécessité de "définir la signature chimique" et donc le matériel requis en tenant compte de la potentielle nécessité de faire appel à des laboratoires situés dans l'Hexagone avec les délais qui en découlent. L'exploitant a bien intégré cette contrainte et a évoqué l'utilisation de tubes réactifs colorimétriques ; • le document inclus différentes actions selon les phases de gestion de l'accident, définies dans l'avis du 01/12/2022 relatif à la mise en œuvre des premiers prélèvements environnementaux en situation accidentelle. Il est cependant apparu que la définition et la signification de ces phases n'étaient pas maîtrisées par l'exploitant : il est important que la stratégie de prélèvements, qui devra être reportée dans le POI de l'exploitant, soit parfaitement claire et opérationnelle. • Par ailleurs l'exploitant a confirmé à l'inspection qu'il avait signé une convention avec l'organisme agréé APAVE pour réaliser les premiers prélèvements, avec un engagement contractuel à intervenir sous 2h au maximum. Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant affine et valide sa stratégie de prélèvements et les moyens associés dans un délai n'excédant pas 2 mois. Il transmet copie de la convention le liant à l'organisme agréé dans un délai de 15 jours.
Proposition de l'inspection : Mise en demeure, respect de prescription
Référence contrôlée : Arrêté Ministériel du 26/05/2014, article 5
Comme vu au constat précédent, la partie prélèvements sera sous-traitée à l'organisme agréé APAVE. L'exploitant a également précisé que certains de ses personnels sont des chimistes et donc qualifiés pour faire des prélèvements et analyses, dans les limites des moyens du site. Sur ce dernier point, l'inspection attire l'attention de l'exploitant sur les points suivants : si une partie de la stratégie de prélèvements inclut le personnel de l'établissement, il faut s'assurer de mettre en place une astreinte ; • des prélèvements en interne peuvent être utiles mais l'exploitant doit bien identifier les prélèvements nécessitant un agrément COFRAC et laisser la réalisation de ces derniers à l'organisme agréé. • Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant transmet à l'inspection le contrat établi avec l'organisme agréé.
Proposition de l'inspection : Demande de justificatif à l'exploitant
Référence contrôlée : Arrêté Ministériel du 26/05/2014, article 9
L'exploitant a mis à jour son étude des dangers dans son dossier de modification des conditions d'exploiter du 31/07/2025. Cette mise à jour tenait compte des potentiels de dangers liés aux nouvelles modalités de stockages des déchets dangereux mais n'a pas intégré la liste des produits de décomposition. Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant doit inclure dans la mise à jour de son étude de danger l'examen des produits issus de la décomposition d'un incendie important. Si certains de ces produits de décomposition présentent un caractère toxique et constituent donc un potentiel de danger, l'exploitant devra en faire l'analyse selon la méthodologie prévue par la circulaire du 10/05/2010.
Proposition de l'inspection : Mise en demeure, respect de prescription
Référence contrôlée : Arrêté Ministériel du 26/05/2014, article 5 et annexe V
Le POI de l'exploitant fait apparaître une connexion en eau incendie partagée avec la société voisine Albioma. L'exercice POI inopiné mené sur le site Albioma et, plus largement, sur la plate- forme de Bois-Rouge intégrant les sociétés Tereos et Savanna, a montré une interconnexion entre ces sites sur le réseau incendie et de potentielles fragilités d'approvisionnement. Le POI de l'exploitant ne fait apparaître aucune limite ou particularité quant au réseau incendie. Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant s'assure auprès des autres industriels de la plate-forme des conditions éventuelles de fourniture en eau pour le réseau incendie et les limites qui peuvent y être liées. Le cas échéant, le POI de l'exploitant est mis à jour en intégrant ces informations.
Proposition de l'inspection : Demande de justificatif à l'exploitant
Référence contrôlée : Arrêté Ministériel du 26/05/2014, article 5
5/10 L'inspection a examiné le tableau de réalisation des exercices POI : ce dernier montre une réalisation trimestrielle d'exercices d'urgence (détection de radioactivité à l'entrée du site, évacuation, …). Ainsi l'inspection a examiné les comptes-rendus du dernier exercice évacuation, réalisé le 24 mars 2026, portant sur un départ de feu dans le bâtiment DEEE, et l'exercice d'avril 2025 portant sur la manipulation de RIA et de PIA (utilisation de mousse). Pour autant le type d'exercice et la fréquence de réalisation ne font pas l'objet d'une formalisation. L'exploitant a confirmé que les opérateurs seront formés sur ce nouveau POI en septembre 2026, qui devrait d'ici là intégrer les modalités relatives aux premiers prélèvements environnementaux. Ce point permettra également de former les nouveaux arrivants et de prendre en compte la modification de la défense incendie, cette dernière comprenant notamment une nouvelle centrale de détection. L'exploitant a par ailleurs confirmé que le SDIS est régulièrement sollicité pour participer aux exercices mais ce dernier ne répond pas systématiquement. L'inspection a cependant noté qu'aucun exemplaire imprimé du POI n'était disponible dans la salle de crise de l'exploitant : outre le risque en cas de perte d'électricité ou de réseau, certaines fiches réflexes comme les appels extérieurs comportent des "cases à cocher" qui seront bien plus pratiques en version papier. Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant pourrait formaliser sa démarche d'exercice en lien avec son POI. Il devrait disposer d'une version imprimée dans sa cellule de crise.
Aucune suite administrative proposée n'est pas un label : cela veut dire que le dernier rapport que nous avons lu ne propose pas de suites sur les points qu'il a contrôlés — et un contrôle n'est jamais exhaustif, l'inspection le dit elle-même.
Un rapport daté sur cette entité
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