Inspections ICPE

ALBIOMA Bois Rouge

Installation classée à Saint-André (97440), régime autorisation. Dernière inspection publiée : 10 juin 2026 — 4 points de contrôle avec suites administratives.

Ce que le registre dit de cette installation
Code AIOT0007100121
CommuneSaint-André (97440)
DépartementLa Réunion
RégimeAutorisation
Statut SevesoNon Seveso
Directive IEDoui
État d'activitéEn exploitation avec titre
Service d'inspectionDEAL Réunion
Inspections listées12 depuis 7 octobre 2022
SIRET35269406100024

Rubriques de la nomenclature

Le dernier rapport d'inspection publié

Une inspection constate ce que l'inspecteur a vu un jour donnécomment lire cette page.

Ce qu'il faut retenir, selon l'inspection

En déclenchant de façon inopinée un exercice d'urgence sur le site de la société ALBIOMA BOIS ROUGE, et par ricochet sur les établissements TEREOS et SAVANNA, l'inspection des installations classées visait les objectifs de contrôle suivants : la communication entre les établissements de la plate-forme face à un accident les impactant tous, • les utilités communes et leur gestion,• pour Albioma plus spécifiquement sa gestion de crise interne.• Il ressort de ce vaste exercice, qui a mobilisé 7 inspecteurs des installations classées, que les trois établissements cités fonctionnent comme s'ils étaient complètement isolés de leurs voisins, ce qui est pourtant loin d'être le cas. En effet la communication entre établissements a été défaillante, ne permettant pas à chacun de se mobiliser efficacement pour circonscrire au plus vite le sinistre qui les menaçait tous. L'exercice a également mis en avant l'interdépendance et la mutualisation de moyens incendie alors même que ce point, pourtant essentiel, n'est pas organisé ni même décrit dans les différents plans d'urgence. D'autres utilités communes, comme la vapeur ou l'air comprimé, ne sont pas plus identifiés et sont pourtant essentielles pour le bon fonctionnement ou la mise en sécurité des installations. Il apparaît donc primordial qu'Albioma, Tereos et Savanna, au-delà des améliorations qui leur sont propres, aient un raisonnement de "plate-forme" en : identifiant les phénomènes dangereux impactant le voisinage et en partageant ces informations ; • organisant sur cette base les communications essentielles devant avoir lieu pour alerter les autres exploitants ; • identifiant les utilités communes et notamment les moyens incendie pour s'assurer d'une parfaite gestion commune en cas de crise ; • organisant des exercices communs.• Ces points d'amélioration ne sont évidemment pas exhaustifs mais constituent les grands axes pour initier cette approche "plate-forme".

5points de contrôle
4avec suites administratives
0susceptibles de suites
1sans suite

Organisation PC Exploitant

Avec suites administratives

Référence contrôlée : Arrêté Préfectoral du 18/02/2021, article 7.7.1

L'exploitant a, conformément à son plan d'urgence interne (PUI), gréé son poste de commandement (PCEx) placé sous l'autorité du directeur des opérations internes (DOI) dont la fonction était assurée par le directeur du site.5/9 L'inspection a noté, sur le plan matériel : la présence d'un tableau papier utilisé pour faire main courante ; ce tableau semble cependant petit et nécessitera plusieurs feuilles en cas d'accident ; • l'absence d'un plan des installations, format A0 : c'est pourtant un support matériel très utile pour visualiser, diriger les équipes et identifier les utilités. Ce plan est essentiel pour échanger avec le SDIS si celui-ci intervient. • Sur le plan organisationnel, l'inspection a relevé les manquements suivants : la main courante générale n'avait pas été déployée : seule celle concernant les moyens d'intervention mis en oeuvre avait été ouverte sur un tableau papier. Or une main courante est un élément essentiel pour garantir le partage avec tous les intervenants de la connaissance de l'accident et de son évolution. • la personne en charge de la fonction "secrétaire" demandait au DOI quelles personnes extérieures étaient prévenues et notait cela sur son ordinateur : de ce fait aucune information n'était visible et surtout cela était décorrélé de la liste prévue dans le PUI (fiche réflexe DOI) qui prévoit d'ailleurs des cases à cocher. • lors du déclenchement de la sirène, le directeur a été au devant de certains de ses collaborateurs en leur demandant de ne pas évacuer s'ils avaient une mission à jouer dans le cadre du PUI : les consignes, en cas d'alarme, pour les personnes devant se rendre au PCEx doivent être clairement établies en précisant, le cas échéant, l'absence d'évacuation. • l'exploitant a joint les principaux organismes extérieurs dont l'inspecteur de la DEAL, les pompiers. Toutefois, de par son rôle essentiel de fournisseur d'énergie, il serait opportun que le signalement à la préfecture soit également intégré. • le PCEx a mis du temps à être pleinement gréé, la plupart des fonctions arrivant au cours du déroulement de l'exercice : il est évident qu'un temps est nécessaire mais cela interroge notamment au vu de la remarque précédente sur la prévenance nécessaire par le DOI à certaines personnes de ne pas évacuer et confirme la nécessité d'une main courante complète pour les arrivants. •

Proposition de l'inspection : Demande d'action corrective

Thèmes : Actions régionales · PUI

Identification des utilités

Avec suites administratives

Référence contrôlée : Arrêté Préfectoral du 18/02/2021, article 7.7.1

L'inspection a relevé que, dans son PUI, l'exploitant n'a pas identifié les utilités qui peuvent pourtant être critiques. Par exemple la tuyauterie de vapeur qui passe au niveau du convoyeur de bagasse, en cas d'incendie, peut se rompre et conduire à une émission de vapeur incontrôlée et dangereuse pour le personnel intervenant à proximité. Il apparaît nécessaire de faire figurer dans les plans et points d'attention le cheminement de ces tuyauteries qui constituent des potentiels de danger en cas d'agression externe. L'inspection a également relevé que le local bagasse dispose en toiture de panneaux photovoltaïques : toute intervention en eau sur ce local nécessite de couper le courant au plus près des panneaux au moyen de l'interrupteur prévu par l'arrêté ministériel du 04/10/2010 ; l'exploitant doit s'assurer que ce moyen de neutralisation est bien en place et les consignes de coupure de l'alimentation électrique doivent figurer clairement dans le PUI. Sur la coupure électrique de manière plus générale, l'exploitant a confirmé que l'électricité du site pouvait être coupée depuis la salle de contrôle et faisait partie des mesures qui avaient été prises dans le cadre de l'exercice. Pour autant, ce point est très général dans les fiches réflexe du PUI : seule celle du responsable exploitation mentionne "veiller à la sécurité des intervenants" et "faire effectuer les arrêts partiels ou totaux des installations". Dans cette même fiche figure la mission "d'assurer la continuité ou l'arrêt total ou partiel de la fourniture des fluides et de l'énergie" : on comprend que l'exploitant doit jouer sur les deux tableaux que sont la fourniture électrique de l'île et la nécessité de coupures électriques ciblées pour permettre le déploiement de lance à eaux en cas d'incendie ; bien que chaque situation soit unique et qu'il soit impossible de tout décrire, il pourrait être opportun de détailler plus avant cette problématique dans le plan d'urgence pour identifier certains cas critiques en amont et éviter ainsi toute prise de décision dans un moment de stress.

Proposition de l'inspection : Demande d'action corrective

Thèmes : Actions régionales · PUI

Gestion inter établissements

Avec suites administratives

Référence contrôlée : Arrêté Préfectoral du 18/02/2021, article 7.7.1

Le plan d'urgence interne (PUI) de l'établissement Albioma ne répond pas pleinement à la prescription susvisée. En effet, le PUI mentionne la sucrerie dans la liste des interlocuteurs à joindre en cas d'accident, et précise de manière sibylline le besoin de "protéger la sucrerie et la distillerie" en cas de feu dans le local bagasse ou du transporteur commun 1TD et "d'arrêter les transporteurs". L'inspection s'interroge sur les moyens de "protection" pour la distillerie et la sucrerie et surtout note que la communication est restée très faible, voire inexistante avec ces interlocuteurs. Ce point est d'autant plus critique que certains scenarii d'accidents (incendie ou explosion du local bagasse par exemple) ont des effets graves ou significatifs sur les installations voisines. Au-delà de l’aspect organisationnel propre à Albioma, le scénario d’exercice retenu par l’inspection visait l’incendie du local bagasse dont les effets thermiques impactent la distillerie voisine (Savanna) et constitue, via l’incendie du convoyeur T1D commun avec la sucrerie (société TEREOS), un propagateur d’incendie vers cet établissement. A cette fin ont été joués les scenarii n°1 et 3 du PUI de l'exploitant. L’inspection souhaitait ainsi s’assurer de la qualité de la communication en cas de crise entre ces exploitants, dont la proximité et l’intrication forment une plate-forme industrielle. Cette notion de plate-forme trouve d’autant plus de sens que ces établissements partagent certaines utilités (vapeur, air comprimé), réseaux incendie, voie d’accès et ont des flux de matières (bagasse, mélasse) directs. Les éléments suivants ne concernent donc pas uniquement la société Albioma mais plus largement son rôle en tant qu’élément de la plate-forme de Bois-Rouge. L’inspection a ainsi noté sur l’aspect « communication » entre ces trois établissements : manque d’information depuis Albioma vers Tereos : le premier appel passé à 10h18 ne mentionne pas encore le convoyeur en feu puisqu’à ce moment, seul le bâtiment bagasse est pris dans l’incendie. Pourtant, quand, dans l’évolution du scénario, le convoyeur est à son tour pris dans les flammes avec un risque de propagation à la sucrerie, aucune nouvelle information n’est portée. L’inspection note également que Tereos n’a jamais appelé Albioma pour se tenir informée des risques potentiels de propagation de l’incendie à ses installations ; • l’inspection a relevé une communication défaillante entre les trois exploitants relative aux actions

Proposition de l'inspection : Demande d'action corrective

Thèmes : Actions régionales · PUI

Moyens incendie

Avec suites administratives

Référence contrôlée : Arrêté Préfectoral du 18/02/2021, article 7.7.3

L'inspecteur a constaté que les lances à eau permettant d'attaquer un feu à l'intérieur du bâtiment de bagasse ont une portée limitée. En effet chaque lance ne couvre qu'un quart du local. Par ailleurs, l'efficacité de ces lances s'est trouvée diminuée du fait de fuites au niveau des pompes qui ont nécessité une action manuelle. Enfin se pose la question des capacités d'extinction en cas d'utilisation simultanée des réseaux incendie par les exploitants Albioma, Tereos et Savanna. A cet effet, l'inspection a favorablement noté la présence dans le POI de la fonction "responsable anticipation", représentée au PCEx lors de l'exercice, qui a notamment pour but de prévenir sur ce risque. Cependant, cette activité d'anticipation ne peut se substituer sur le long terme à une action plus globale visant à garantir la suffisance des moyens d'extinction pour l'ensemble de la plate-forme de Bois-Rouge. Demande à formuler à l’exploitant à la suite du constat : L'exploitant doit : réparer les pompes servant à alimenter les moyens incendie ;• étudier la capacité d'attaque des lances à eau en place au regard de l'objectif recherché ;• transcrire formellement, avec les autres exploitants de la plate-forme de Bois-Rouge, les interconnexions existantes sur le réseau incendie et définir précisément les moyens que celui-ci peut supporter, notamment en cas d'action simultanée de plusieurs exploitants. •

Proposition de l'inspection : Demande d'action corrective

Thèmes : Actions régionales · PUI

Organisation intervenants

Sans suite administrative

Référence contrôlée : Arrêté Préfectoral du 18/02/2021, article 7.7.1

L'inspection a accompagné le chef de quart pendant l'exercice, ce dernier ayant des missions spécifiques décrites dans le PUI de l'établissement. Les inspecteurs ont noté son investissement ainsi que son professionnalisme dans la phase de levée de doute. Pour autant, quelques points peuvent être améliorés :9/9 il y a eu un problème d'identification des vannes des lances à eau du local bagasse, ce qui a fait perdre quelques minutes ; • certaines interventions ont été directement réalisées par le chef de quart qui aurait pu s'appuyer sur les équipes d'intervention ; • des moments de communication ont manqué entre le DOI et le chef de quart (mise en place de la cellule de crise, point au moment de rejoindre le PCEx). • Ces points ne relèvent pas d'un comportement individuel mais démontrent surtout la nécessité de réaliser régulièrement des exercices d'urgence avec manipulation des moyens incendie, intervention sur terrain en équipe, etc.

Thèmes : Actions régionales · PUI

Lire le rapport officiel (PDF, Géorisques) — c'est lui qui fait foi.

Aucune suite administrative proposée n'est pas un label : cela veut dire que le dernier rapport que nous avons lu ne propose pas de suites sur les points qu'il a contrôlés — et un contrôle n'est jamais exhaustif, l'inspection le dit elle-même.

Un rapport daté sur cette entité

Les pages de ce site sont gratuites et le resteront : un fait officiel n'appartient à personne. Ce qui se paie, c'est le travail de compilation — ce que les registres publics disent de cette entité à une date, et ce qu'ils n'en disent pas.

Ce que contient le rapport

  • l'état du registre sur cette installation à la date de notre copie, avec le rapport cité
  • ce que nous avons cherché et qui n'a rien donné, écrit noir sur blanc
  • l'historique de nos captures pour cette installation
  • la citation exacte : source, licence, date, URL

Prix : 19 EUR / entité

Ce que le rapport n'est PAS

Ce n'est ni un avis officiel ni un conseil juridique. Il dit ce qui est au registre à cette date, pas ce qu'il faut en conclure.

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